Normand Hudon (1929-1997) occupe une place singulière dans l’histoire de l’art québécois, autant par sa peinture que par son rôle de caricaturiste marquant des années 1950 à 1980. Formé à l’École des beaux-arts de Montréal puis à Paris, il développe très tôt une approche où l’humour, la critique sociale et la tendresse se côtoient. Ses caricatures publiées dans la presse lui valent une notoriété immédiate, mais c’est dans la peinture qu’il exprime le mieux son univers personnel. Ses toiles représentent souvent des scènes de villages, des personnages naïfs et colorés, des prêtres et notables croqués avec espièglerie, mais aussi des paysages lumineux et des compositions empreintes de poésie. Fait marquant : il réussit à transformer son sens aigu de l’observation sociale en un langage pictural chaleureux, accessible et profondément québécois, qui a marqué plusieurs générations. Son œuvre, largement reconnue sur le marché de l’art et intégrée à des collections privées et publiques, incarne une alliance rare entre critique et affection, entre satire et tendresse, faisant de Hudon un témoin privilégié de la société québécoise en pleine transformation au XXᵉ siècle.
