André Philibert, né à Montréal en 1944, est un artiste peintre dont l’univers s’est modelé par le graphisme, le voyage, puis par le silence bleu de la nuit québécoise. Formé aux arts graphiques dans les années 60, il complète sa formation à l’École des Beaux-Arts de Montréal, puis s’inspire de ses lectures dans les grands musées européens pour nourrir son regard. Très tôt, Philibert expérimente aussi le dessin, la bande dessinée (notamment avec Oror 70) et l’enseignement, mais finit par s’établir en milieu plus tranquille — dans les Cantons-de-l’Est — pour renouer avec le paysage, la lumière, et surtout les heures fragiles entre le soir et la nuit.
Ce qui distingue sa peinture, c’est son obsession du bleu : teintes sombres, glacées ou profondes, contrastées par les éclats de lumière de fenêtres ou lampadaires, qui évoquent une présence humaine discrète, presque spectrale. Les scènes hivernales, les bords du Saint-Laurent, la nature estrienne, la pleine lune, les crépuscules ou aurores, sont autant de sujets dans lesquels la couleur ne sert pas seulement à voir, mais à ressentir. Un moment clé de sa vie artistique : en 1983, il remporte à Sherbrooke le Premier Prix du Salon International de la Peinture, marquant la reconnaissance de sa démarche qui allie émotion, réalité et atmosphère.
L’art de Philibert est reconnu aujourd’hui dans de nombreuses collections privées et institutionnelles, et sur le marché de l’art, comme une réponse visuelle qui fait appel à la mémoire, à la nostalgie, mais aussi à la sérénité. Ce qui émeut chez lui, c’est ce don de transformer un paysage familier en paysage imaginaire — un peu magique — où la nuit révèle autant qu’elle cache, où la lumière semble venir de l’intérieur même de la toile, et où l’ombre n’est jamais vide, mais porteuse d’une présence silencieuse.
