André L’Archevêque (1923-2015) est un artiste québécois dont la carrière s’étend sur plusieurs décennies, marqué par une double vie : celle de l’illustrateur et publiciste, puis celle du peintre à temps plein. Dès son adolescence, il montre un goût prononcé pour le dessin et la composition, illustrant très tôt des romans populaires, puis travaillant en publicité. Sa formation formelle implique les Beaux-Arts de Montréal, l’étude de la gravure, des stages de recherche à Paris — autant d’expériences qui nourrissent sa technique et sa vision. Vers 1972, il fait un virage décisif : il quitte la publicité pour se consacrer entièrement à la peinture, amorçant ainsi la période la plus personnelle de son œuvre. Son art couvre un éventail de sujets : paysages champêtres, scènes urbaines, natures mortes et portraits, s’attachant particulièrement aux saisons et aux quartiers de Montréal. Une particularité remarquable de son œuvre est sa capacité à marier réalisme et souvenir, à évoquer le familier avec poésie — ses tableaux rendus à l’huile ou à la caséine respirent une lumière chaleureuse, une atmosphère de mémoire, dans laquelle le paysage devient témoin de sa propre histoire intérieure. Ses œuvres jouissent d’une reconnaissance solide sur le marché de l’art, et se trouvent dans de nombreuses collections publiques et privées. Ce qui distingue L’Archevêque, c’est cette constance dans l’évolution : des débuts comme illustrateur jusqu’à une old-age artistique prolifique, sans renoncer à la sincérité de sa touche, au plaisir simple d’une scène naturelle ou urbaine bien observée.
